HISTOIRES DE CHANSONS


>>> ABI

Train Lyon-Mulhouse : je viens de quitter mon père avec qui j’ai passé quelques jours de vacances. Mon père, ABI en algérien. Mon père, je l’avais perdu de vue depuis l’âge de 13 ans jusqu’à l’âge de 33 ans. 20 ans d’absence, d’absence totale. Après des retrouvailles aussi inespérées qu’euphoriques, voilà que je déchante. J’écris ABI, dans le train, seul face à ma désillusions.


>>> TELLEMENT D’AMOUR

Cette chanson est dédiée à mes camarades comédiens et comédiennes du Vésinet. J’ai partagé avec eux une aventure théâtrale qui m’a
bouleversé la tête et le coeur, pour la vie.


>>> MAMAN, C’EST COMMENT ?

Quel artiste-interprète n’a pas sa chanson sur sa maman, une maman ou les mamans ? Personnellement, j’avais déjà dédié une chanson à ma maman sur mon premier album et offert , à une Amie chanteuse, une ballade à propos de la disparition de sa maman à elle. Ainsi, lorsque ma mère est partie pour toujours n’étais-je pas disposé à revenir sur ce sujet sensible. Je considérais que j’avais tout dit et du mieux que je pouvais. Pourtant, quelques mois après sa mort, MAMAN, C’EST COMMENT ? s’est imposée à moi. Comme une interdiction de finir cet album sans y parler de ma mère. Dès lors, ma plus grande difficulté fut de ne pas tomber dans la chanson dramatique ou fataliste. Cette chanson m’a donné du fil à retordre. Mais je suis convaincu, aujourd’hui, qu’elle méritait sa place dans cet album très personnel !




>>> J’T’ACHETERAI TOUT TON TEMPS
Je me trouvais aux Rencontres d’Astaffort, organisées par Francis CABREL. Le principe des ces Rencontres était simple : un groupe d’auteurs, de compositeurs et d’interprètes faisaient connaissance dans l’enceinte d’un huis clos où ils avaient une poignées de jours pour conjuguer leurs talents et écrire des chansons, selon leurs affinités musicales et personnelles. J’y ai rencontré Bruno DA SILVA et écrit le texte de J’T’ACHETERAI TOUT TON TEMPS sur sa musique. En trois jours ! Un record pour moi qui ai tendance à prendre des mois, voire des années, pour boucler une chanson. J’en ai retenu une leçon pas négligeable : écrire vite (et bien...), c’est possible ; pourvu qu’il y ait l’urgence.


>>> AILLEURS POSSIBLE
Je m’étais réfugié sur une aire d’autoroute près de Rouen, une nuit d’orage. En reprenant la route, vers une destination incertaine, j’eus le sentiment de fuir. Fuir cette obscurité totale qui plombait le paysage, et puis : fuir, tout court. Les premières notes et les premiers mots de cette chanson ont jailli là, comme ça.


>>> MAYEMBE

J’ai construit cette chanson bizarrement, en plusieurs temps, comme un puzzle. Délaissée, puis reprise, mais jamais abandonnée, elle est constituée de plusieurs parties destinées initialement à d’autres chansons. Je craignais que cette construction atypique et peu naturelle ne nuise à la cohérence du morceau. Mais le SIDA, dont je parle, a-t-il à voir avec la cohérence ? Mayembé signifie “ diable ” dans un dialecte africain.


>>> SAINT-HONORAT
Peut-être la chanson dont je me sens le plus proche sur cet album. Le thème musical et l’amorce du texte m’ont saisi alors que je séjournais sur l’Ile de Saint-Honorat, au large de Cannes. Les moines sont les gardiens de cette parcelle de paix sauvagement belle. Je ne voulais plus en repartir ; je ne pensais qu’à y revenir...